Escape 2 Tropics

« Le bonheur est dans le silence : deux amis, un coucher de soleil et une leçon de vie »

mars 16, 2025 | by Jean-Yves M.

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« Ils ont couru après les projecteurs, mais c’est dans l’ombre qu’ils ont trouvé la lumière. Jean et Louis, deux amis de cinquante ans, partagent un moment de complicité au bord d’un lagon mauricien. Entre rires, souvenirs et silences, ils nous rappellent que les vraies richesses ne s’exposent pas… Elles se vivent. »

Au bord du lagon d’une île tropicale à Maurice, fin d’après-midi. Le soleil couchant projette une lumière dorée sur l’eau turquoise, tandis que des palmiers oscillent doucement sous la brise. Jean et Louis sont installés sur des fauteuils de plage en bois, leurs pieds dans le sable fin. Une petite table entre eux soutient une bouteille de vin et deux verres. Le murmure des vagues crée une atmosphère paisible, parfaite pour leur échange.

Dialogue :

Jean (souriant, les yeux mi-clos)

— Tu te souviens de cette fois où tu avais voulu t’acheter une Ferrari rouge, clinquante, pour impressionner Margaux ?

Louis (ricanant, secoue la tête)

— Et comment… Elle m’a traité de « paon mélancolique ». J’ai revendu la bagnole trois mois après.

Jean (hoche lentement la tête, doigt sur son verre)

— On a cru, jeune, que le bonheur se gueulait à la face du monde.

Louis (soupire, presque à lui-même)

« Pour être heureux, vivons cachés »… Tu m’as toujours répété ça.
Je te trouvais terne, à l’époque.

Jean (plisse les yeux, amusé)

— Et toi, tu me traitais de moine défroqué. Pourtant, regarde-nous aujourd’hui.

(Il désigne le lagon d’un geste large.)

Deux vieux schnocks heureux de notre plage et de nos silences.
Louis (voix soudain grave)

C’est ça, le secret, non ? Rester à l’écart du cirque.
Ceux qui courent après les projecteurs…

(Il esquisse un sourire triste.)

Ils finissent éblouis, puis aveugles.

Jean (lève son verre, lumière dorée filtrant à travers le cristal)

— À ceux qui comprennent que les vraies richesses ne s’exposent pas.

(Cligne de l’œil.)

Comme ce Saint-Émilion 1982 qu’on sirote… Il n’a pas besoin de faire la foire.

Louis (glousse, choque son verre contre celui de Jean)

— Ou comme tes chaussettes trouées. Planquées sous des bottes en cuir vieilli.

Jean (feint l’indignation, puis éclate de rire)

— Exactement ! (Un silence complice s’installe, puis il murmure 🙂 Le monde est bruyant, Louis.
Notre force ? Avoir appris à écouter le vent plutôt que les foules.

Louis (approuve, les yeux sur l’horizon)

— Et à préférer le murmure des vagues à celui des foules.

Ils restent ainsi, sourires aux lèvres, tandis que le soleil descend derrière l’horizon. Pas besoin d’en dire plus : cinquante ans d’amitié ont tissé entre eux un langage plus éloquent que les mots.

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